Écrit le 10 août 2026

Sujet 5 sur 8 du plan du carnet

Wix, WordPress ou sur mesure : lequel pour un artisan ?

Je vends des sites, j’ai donc intérêt à vous dire d’en acheter un. Pour certains artisans, passer un week-end sur un outil en ligne reste pourtant la décision raisonnable — voilà comment savoir.

Je vais commencer par ce qu’on ne dit jamais dans un article comme celui-ci : pour beaucoup d’artisans, faire son site soi-même avec un outil du commerce est un choix raisonnable.

Je vends des sites. J’ai donc intérêt à vous dire l’inverse. Mais quelqu’un qui débute, qui n’a pas encore de clientèle et pas de trésorerie, aura souvent plus à gagner à passer un week-end sur un outil en ligne qu’à sortir 1 690 €. Ce qui compte, c’est de savoir ce que chaque chemin coûte réellement — et le prix affiché n’est que le début.

Les trois chemins, sans détour

Un outil en ligne — Wix, Squarespace et les autres. Vous choisissez un modèle, vous remplacez les textes, vous payez un abonnement mensuel. Vous êtes en ligne le soir même.

WordPress — un logiciel installé sur un hébergement, avec un thème acheté et une poignée d’extensions. C’est ce que proposent la plupart des prestataires locaux, et c’est ce qui fait tourner une grande partie du web.

Sur mesure — le site est écrit pour vous, page par page. C’est ce que je fais.

Ce que ça coûte vraiment sur trois ans

Le premier chèque ment. Regardez plutôt la colonne de droite.

L’outil en ligne : entre 15 et 30 € par mois selon la formule, sans compter le nom de domaine. Sur trois ans, on est entre 500 et 1 100 €. Ce n’est pas rien, et surtout ça ne s’arrête jamais : le jour où vous cessez de payer, le site disparaît. Vous ne pouvez pas l’emporter ailleurs, parce qu’il n’existe que dans cet outil.

WordPress : le site coûte souvent entre 800 et 2 500 € selon le prestataire, plus l’hébergement, plus les extensions payantes, plus la maintenance. Le point de vigilance est ailleurs : un WordPress laissé sans mises à jour devient une porte d’entrée. Ce n’est pas une hypothèse, c’est la première cause de sites d’artisans piratés.

Sur mesure : 690, 1 690 ou 2 890 € selon la taille, puis 39 € par mois si vous prenez la maintenance, ou l’hébergement au coût réel si vous n’en voulez pas. Le site vous appartient dès le solde réglé.

La bonne question n’est pas « combien ça coûte ». C’est « qu’est-ce qu’il me reste si j’arrête de payer ».

Ce que vous possédez, dans chaque cas

C’est la différence la plus importante, et la moins visible au moment de choisir.

Avec un outil en ligne, vous ne possédez rien d’autre que votre nom de domaine — encore faut-il l’avoir pris à votre nom. Le site n’est pas transportable : il n’existe qu’à l’intérieur de l’outil. Changer d’avis, c’est tout refaire.

Avec WordPress, vous possédez le site, à condition d’avoir les accès. Vérifiez-le maintenant plutôt que le jour où ça se passe mal.

En sur mesure, chez moi, le site devient votre propriété pleine et entière dès le paiement intégral, sources et accès compris, et vous pouvez le faire héberger où vous voulez. Ce n’est pas de la générosité, c’est ce que dit le contrat.

La vitesse, et pourquoi ça se voit

Un site fait avec un outil en ligne embarque beaucoup de choses dont vous ne vous servez pas : des animations, des scripts de mesure, du code prévu pour tous les cas d’usage possibles. Un WordPress chargé de douze extensions, pareil.

Sur un téléphone avec un réseau moyen — c’est-à-dire chez la plupart de vos clients — ça se traduit par deux ou trois secondes d’attente supplémentaires. Une partie des visiteurs part avant d’avoir lu quoi que ce soit.

Le sur mesure gagne ici, et pas par magie : simplement parce qu’il ne contient que ce dont vous avez besoin. Il n’y a rien à désactiver, puisqu’il n’y a rien en trop.

Le référencement : personne n’a d’avantage magique

Un point à démonter, parce qu’il se vend cher : aucun de ces trois chemins ne « plaît » davantage à Google.

Ce qui compte, c’est ce qui est écrit sur vos pages, la structure du site, sa vitesse, et le fait qu’une page réponde vraiment à une question. On peut très bien réussir avec un outil en ligne et rater complètement avec un site sur mesure.

Là où l’écart se creuse, c’est sur la marge de manœuvre. Quand il faut séparer huit prestations en huit pages, écrire une page par commune qui ne soit pas un copier-coller, et ramener chaque contenu à une adresse unique, un outil qui impose ses gabarits finit par vous freiner.

Choisissez selon votre situation, pas selon la mode

Prenez un outil en ligne si vous démarrez, si votre budget est sous 500 €, si vous n’avez besoin que d’exister quelque part, et si vous acceptez de ne pas pouvoir emporter le site. Prenez le nom de domaine à votre nom, séparément, chez un registrar : c’est le seul point non négociable.

Prenez WordPress si vous avez déjà quelqu’un de sérieux qui s’en occupe, ou si vous savez vous-même faire les mises à jour. Sinon, c’est une voiture sans révision.

Prenez du sur mesure si votre site doit vous amener du travail et pas seulement vous représenter, si vous voulez le posséder, et si vous préférez appeler une personne plutôt qu’ouvrir un ticket.

Et si vous avez déjà fait le mauvais choix ?

Ce n’est pas grave, et ce n’est presque jamais perdu.

Ce qui se récupère : votre nom de domaine, vos textes, vos photos, votre fiche Google, et l’ancienneté du domaine — qui est ce qui a le plus de valeur. Ce qui ne se récupère pas : la mise en page, mais ce n’est pas ce qui vous manquait.

La reprise se fait proprement à condition de rediriger chaque ancienne adresse vers la nouvelle. C’est mécanique, un peu fastidieux, et c’est ce qui évite de repartir de zéro. Sur une refonte que j’ai menée, cela représentait 121 redirections vérifiées une par une.

Si vous hésitez entre les trois, appelez-moi et décrivez votre situation. Il m’est déjà arrivé de dire à quelqu’un de rester sur son outil en ligne encore un an — c’était la bonne réponse, et elle ne m’a rien rapporté.

Ce qu’il faut retenir

La bonne question n’est pas « combien ça coûte » mais « qu’est-ce qu’il me reste si j’arrête de payer ». Les trois chemins n’y répondent pas pareil.

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