Écrit le 10 août 2026
Sujet 6 sur 8 du plan du carnet
Ce qu’il faut préparer avant de faire refaire son site
Le délai est écrit sur le devis, mais il démarre à la réception de vos contenus. C’est la seule partie du chantier qui ne dépend pas de moi — et c’est celle qui fait glisser les dates.
Un site en retard, c’est presque toujours un site qui attend quelque chose. Pas une difficulté technique : un mot de passe que personne ne retrouve, des photos jamais prises, un texte qu’on repousse depuis six semaines.
De mon côté, le délai est écrit sur le devis : deux semaines pour une page unique, trois à quatre pour un site complet, cinq à six avec les pages par commune. Ce compte à rebours démarre à la réception de l’acompte et de vos contenus. C’est la seule partie du chantier qui ne dépend pas de moi.
Voici ce qu’il faut sortir du tiroir, dans l’ordre où ça bloque.
1. Les accès — le premier retard, toujours
C’est la cause numéro un, et elle n’a rien à voir avec le web : ce sont des mots de passe créés il y a cinq ans par quelqu’un qui n’est plus là.
Cherchez maintenant, pas la semaine du lancement :
- Le nom de domaine. Chez qui est-il enregistré, et à quel nom ? Si vous ne savez pas, tapez « whois » suivi de votre domaine : le registrar apparaît. Le compte est souvent au nom de l’ancien prestataire — c’est réparable, mais ça prend des jours.
- L’hébergement, si le site existe déjà.
- La fiche Google. Souvent créée avec une adresse e-mail dont plus personne ne se sert.
- L’adresse e-mail de l’entreprise, celle qui reçoit les demandes.
Si un seul de ces quatre vous manque, commencez par là. La récupération d’un domaine passe par des vérifications d’identité qui prennent une à deux semaines.
Le domaine doit être à votre nom. Pas au nom de votre neveu, pas au nom de l’ancien prestataire. C’est le seul élément de votre présence en ligne qu’on ne peut pas refaire.
2. Les photos — la seule chose que je ne peux pas écrire
Un site d’artisan sans photo de chantier se lit comme un dépliant. Les images sont ce qui prouve que le travail est le vôtre, et c’est ce qui manque le plus souvent.
Ce qu’il faut, en pratique : dix à quinze photos de chantiers terminés, deux ou trois d’un chantier en cours, une de votre camionnette, une de votre matériel, et une de vous.
Comment les prendre, sans matériel : à la lumière du jour, jamais en contre-jour, le téléphone tenu droit, et de loin plutôt que de trop près — on recadre facilement, on n’élargit jamais. Un avant/après du même angle vaut dix photos isolées.
Ne les retouchez pas, ne les réduisez pas : envoyez-les telles qu’elles sortent du téléphone. L’allègement se fait tout seul au moment de les déposer.
Et si vous n’en avez aucune, dites-le tout de suite : selon la distance, je peux passer une heure en faire. Cela vaut mieux que d’attendre six mois un chantier photogénique.
3. Ce que vous vendez, écrit noir sur blanc
Je n’ai pas besoin de beaux textes — je les écris. J’ai besoin de matière brute, et elle tient sur une page.
Listez vos prestations, de la plus fréquente à la plus rare. Pour chacune : ce que c’est en une phrase, à qui elle s’adresse, et un ordre de grandeur de prix si vous acceptez qu’il soit affiché.
Ajoutez les communes où vous intervenez réellement — celles où vous êtes allé cette année, pas celles où vous accepteriez d’aller. Et les trois questions que vos clients vous posent systématiquement au téléphone : ce sont elles qui deviendront les meilleures pages du site.
4. Ce que vous ne faites pas
C’est le point que personne ne prépare, et c’est souvent le plus utile.
Un site qui dit « tous travaux » attire des appels que vous refuserez. Écrire ce que vous ne faites pas — pas de dépannage la nuit, pas de chantier en dessous d’un certain montant, pas de neuf, seulement de la rénovation — trie avant l’appel.
Vous perdez des appels inutiles, vous gagnez du temps, et les gens qui restent sont les bons.
5. Trois références, même sans témoignage écrit
Ce qui convainc le mieux, ce sont trois chantiers racontés : le problème du client, ce que vous avez fait, combien de temps ça a pris. Pas de chiffres inventés — sur ce site, un chiffre non confirmé arrête purement et simplement la fabrication.
Si vous pouvez obtenir un témoignage écrit d’un client content, prénom, métier et commune, c’est ce qui pèse le plus lourd sur cette clientèle. Demandez-le à la fin du chantier, quand vous rangez : c’est le seul moment où l’on dit oui facilement.
6. Vos informations légales
Cinq minutes, et ça évite un aller-retour à la fin.
Votre raison sociale exacte, votre numéro SIRET, votre forme juridique, votre adresse de siège, et votre numéro de TVA intracommunautaire si vous y êtes assujetti. Si vous avez des conditions générales, envoyez-les ; sinon, on en parlera.
7. Une demi-journée, pas plus
Le temps que ça vous prend, en tout : un entretien d’une heure ou deux au départ, une relecture, et deux retours groupés.
Deux séries de corrections sont comprises. Une série, c’est un retour groupé et complet — pas trois messages étalés sur deux semaines. Notez tout au fil de l’eau et envoyez-moi la liste d’un coup : c’est plus rapide pour vous, et ça évite de consommer une série pour une virgule.
Sans retour de votre part dans les quinze jours suivant une livraison intermédiaire, elle est considérée comme validée. Ce n’est pas une menace, c’est ce qui empêche un chantier de s’endormir.
La liste à cocher
- [ ] Accès au domaine, à l’hébergement, à la fiche Google, à l’e-mail
- [ ] Dix à quinze photos de chantiers, plus une de vous
- [ ] La liste de vos prestations, avec un ordre de grandeur de prix
- [ ] Les communes où vous allez vraiment
- [ ] Les trois questions qu’on vous pose toujours
- [ ] Ce que vous ne faites pas
- [ ] Trois chantiers racontés en quelques lignes
- [ ] SIRET, raison sociale, adresse, TVA
Si vous avez ces huit lignes le jour de l’acompte, le délai annoncé sera tenu. S’il en manque trois, il ne le sera pas — et ce ne sera la faute de personne.
Appelez-moi avant de commencer à réunir tout ça : il y a souvent deux ou trois points sur lesquels je peux vous dire que ce n’est pas la peine.
Ce qu’il faut retenir
Cherchez vos accès maintenant, pas la semaine du lancement : récupérer un nom de domaine déposé au nom de quelqu’un d’autre prend une à deux semaines.
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